Rictus
Captation — Théâtre

Rictus

Un film de Laurent Préyale

Sous un nom de plume inspiré d’un vers de Villon, Gabriel Randon, artiste de la butte Montmartre, est devenu, usant du langage populaire, Jehan Rictus, poète de la souffrance et du coeur des vaincus, des écrasés, des sans-espoirs, des sans-baisers, de ceuss’là qui z’en ont soupé, des écoeurés, des trahis, des pâles, des désolés.
Jean-Claude Dreyfus, colosse magnifique, s’empare à bras-le-corps des textes et les transmet avec cette énergie du désespoir et cette rage de la révolte qui animaient leur auteur et ceux dont le coeur saignait à même les pavés parisiens.
En contrepoint, Fabrice Carlier, fragile et écorché vif, incarne avec émotion le titi gouailleur, roi du bitume, et l’ouvrier au destin sans issue faute d’amour.

Merd’ ! V’là l’Hiver et ses dur’tés,
V’là l’ moment de n’ pus s’ mettre à poils :
V’là qu’ ceuss’ qui tienn’nt la queue d’ la poêle
Dans l’ Midi vont s’ carapater !
V’là l’ temps ousque jusqu’en Hanovre
Et d’ Gibraltar au cap Gris-Nez,
Les Borgeois, l’ soir, vont plaind’ les Pauvres
Au coin du feu... après dîner !
Et v’là l’ temps ousque dans la Presse,
Entre un ou deux lanc’ments d’ putains,
On va r’découvrir la Détresse,
La Purée et les Purotains !
Les jornaux, mêm’ ceuss’ qu’a d’ la guigne,
À côté d’artiqu’s festoyants
Vont êt’ pleins d’appels larmoyants,
Pleins d’ sanglots... à trois sous la ligne !

Générique

RéalisationLaurent Préyale
Musique originaleThomas Février
Auteur du spectacleJehan Rictus
Mise en scèneJean-Claude Dreyfus
ComédiensJean-Claude DreyfusFabrice Carlier

Lycoprod

Extrait

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