La femme rompue
Captation — Théâtre

La femme rompue

Un film de Laurent Préyale

C’est en 1968 que Simone de Beauvoir publie « la Femme rompue ». Trois récits dont le personnage principal est à chaque fois une femme d’une quarantaine d’années, quittée par son mari pour une autre. Simone de Beauvoir disait à propos du « Monologue » de la Femme rompue : « J’ai choisi un cas extrême : une femme qui se sait responsable du suicide de sa fille et que tout son entourage condamne. J’ai essayé de construire l’ensemble des sophismes, des vaticinations, des fuites par lesquels elle tente de se donner raison. […]. Pour récuser le jugement d’autrui, elle enveloppe dans sa haine le monde entier. Je voulais qu’à travers ce plaidoyer truqué le lecteur aperçût son vrai visage. »

Ce visage, c’est celui d’Évelyne Bouix. La comédienne, durant une heure dix, va exprimer, avec une gouaille qu’on aurait eu du mal à imaginer chez elle, les tourments intérieurs de cette femme brisée par l’exercice de la vie, de l’amour, de la culpabilité. Qu’elle récuse pour mieux la recracher sur l’humanité tout entière. Jurant comme un charretier ou invectivant d’une ironie mordante un hypothétique auditeur, se roulant par terre de désespoir ou abjurant des fautes qu’elle se refuse d’avoir commises, elle donne au texte de la papesse de l’existentialisme une prodigieuse énergie. Drapée dans un peignoir ordinaire, pieds nus ou en méchantes godasses, tout l’apanage vestimentaire de la femme esseulée, que les flonfons du bal et les feux d’artifice du premier de l’An qui arrivent jusqu’à elle isolent plus encore, elle se perd dans un délire de haine et d’acrimonie qui aura raison de sa raison, de sa solitude, de sa vie.
On est frappé par le jeu viscéral de la comédienne, mais aussi par la modernité de ce texte quarantenaire, que seuls quelques détails insignifiants permettent de recontextualiser.

Générique

RéalisationLaurent Préyale
ImageCharles LienartDaniel CrétoisPascal TirillyFrançois Vedovelli
SonChristophe Tassin
MontagePierre Sainteny
Auteur du spectacleSimone de Beauvoir
Mise en scèneSteve Suissa
ComédiensEvelyne Bouix

Lycoprod
Théâtre Rive gauche
Les Spectacles Edgar
Cap 24